Le brouillard s’étend sur le Franc al-ôd

Dans le Franc al-ôd, il arrive que le brouillard descende sans prévenir.
Il n’annonce ni la disparition de l’espace, ni la perte de son affranchissement.
La clairière demeure, même lorsqu’elle échappe au regard.

Le brouillard n’est pas un mur : c’est un voile.
Il adoucit les contours, ralentit le pas, invite à l’écoute.
Là où l’œil s’impatiente, le corps apprend la mesure.
Chaque pas posé trop vite devient incertain, non parce que le sol manque, mais parce que l’esprit précède le chemin.

Savoir attendre que le brouillard se lève, ce n’est pas renoncer à la marche.
C’est reconnaître que la nature — intérieure comme extérieure — a ses rythmes propres.
Il est des moments où avancer serait une forme d’aveuglement, et demeurer immobile, un acte de sagesse.

Dans cette attente, le territoire reste affranchi.
Il respire sous la brume, intact, libre, silencieux.
Celui qui sait cela n’éprouve ni crainte ni hâte.
Il se tient là, présent, confiant, certain que la clarté revient toujours à celui qui respecte le temps du lieu.

Car le Franc al-ôd ne se conquiert pas :
il se reconnaît, lorsque la lumière consent à se donner.

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