Allée,
Allée,
Allée au-delà,
Allée complètement au-delà,
Afin que la lumière se réalise !
Allée,
Allée,
Allée au-delà,
Allée complètement au-delà,
Afin que la lumière se réalise !

Qu’est-ce que la Naspidwi?
L’esprit ordinaire est la Naspidwi.
Quel est le sens de son cours?
Si vous essayez de la remonter vous vous en éloignez.
Si vous essayez de la descendre, vous vous en éloignez davantage.
La Naspidwi ne répond pas au sens ou au non-sens.
Comprendre est une illusion, ne pas comprendre est une confusion.
Si vous arrivez à ferrer l’omble chevalier vous parviendrez au vaste et profond.
Comment peut-on alors se perdre au tréfonds ?
Soudain le soleil pointe sur ses fl

Sur la rive, des pommes de pin, le vent souffle
Canne à la main, le soleil rouge du couchant
Près d’un grand chêne, la soie calligraphie Enzo
Dans la Naspidwi la lumière jaillit
1.
Sous le vent doux naît,
Pommes de pin sur la rive,
Soleil se couche.
2.
Canne légère, flotte,
Le grand chêne s’incline,
L’ombre dans la soie.
3.
Dans le silence pur,
La Naspidwi éclaire,
Un souffle de paix.
4.
Lueur du crépuscule,
La brise effleure l’eau,
Enzo se dessine.
5.
Sur la rive calme,
Le vent murmure à l’âme,
Sous le ciel brûlé.
6.
Chêne aux branches sages,
Calligraphie se tisse,
Lueur du soir naît.
7.
Lumière se déploie,
Sous la soie Enzo, calme,
L’univers respire.

Seul nous ne sommes qu’un
Ensemble nous sommes Un!
Tissage lumineux qui nous relie
Omnéité fragmentée qui s’unie
Rassemblement de l’épars
Interdépendance, interreliance
Comme nous sommes
Comme une émanation
Comme Amour
Sublime transparence aux accents unifiés
Toi qui est nous, nous qui sommes toi
Je m’ouvre à Noûs, à l’Ineffable,
Cet affluent sonore d’un chant infini
Des profondeurs des particules
Au coeur des galaxies

La soirée s’installe, calme et rafraîchissante,
Je saisis ma canne et franchis le seuil.
Les roseaux et les herbes s’étirent et s’entrelacent
Le long du sentier sinueux ;
Dans les arbres, les oiseaux chantent, et là-bas,
Un léger murmure surgit de la Naspidwi.
J’atteins le bord de la rivière, je vois les eaux miroiter en bas.
Partout autour, les vieux pins
Sont comme des toiles tissées de vers.
Je me penche pour sentir le courant sous mes pieds ;
La lune ronde éclaire le ciel.
Plus tard, près de l’endroit paisible où je me tiens,
Je m’immerge dans la scène,
Flottant, léger, au-dessus de la surface de l’eau.

Comme un air de Zazen
Inspirer des chants de Hakuin Ekaku [1685-1768]
Tous les êtres ont l’essence de l’éveil
Comme la rivière gelée
Qui est eau par nature.
Sans elle pas de glace
Sans être pas d’éveil
Ne cherchez pas au loin, ni hier, ni demain
Vous êtes au centre de la Naspidwi
Comme le mendiant qui assis sur son coffre
Ignorant le contenu de pierres précieuses et d’or
Étourdi par les courants changeants
Nous errons dans ces torrents tourbillonnants
Dans les profondeurs des abimes
Comment saurons-nous nous libéré de ces tumultes
L’esprit immobile dans la compassion
Au centre devant-derrière
En s’offrant en sacrifice
Au milieu de ces eaux profondes
Où tout surgit dans le mouvement
Comme la nature incessante de la Naspidwi.
Dix mille lancers, un seul espace.
La soie tournoie, l’esprit est vaste et profond.
Où donc se cache l’omble dans ces eaux profondes ?
Au centre de ces ombres, il brille.
Entendre les chants de la Naspidwi une seule fois,
L’esprit et le cœur ouverts à cet hymne de la nature,
M’oeuvrant dans ces eaux profondes,
Je reçois ses bénédictions infinies.
Ne cherchez pas plus loin
Vous êtes au centre de l’espace
Comme l’or dans les coffres
Comme cette lumière qui brille dans ces eaux profondes.
Seul dans l’unité clair de la nature
Dans le lancer, dans la soie, dans le bambou
Comme dans l’éveil, je m’ouvre
Un et deux et trois et quatre et
Dans un rythme soutenu immobile
Allant et venant jamais égaré,
Dans l’immensité des voies soutenues
Je m’élance encore et encore
Dans ces gestes sans fin
Libre dans le l’espace de la vacuité!
Sous le ciel qui s’éclaire de la lune
L’autre rive s’avance ici, devant mes yeux.
Cet endroit que je nomme Naspidwi
Dans ces eaux profondes, je m’ouvre.

Il existe une approche de la pêche à la mouche qui transcende le désir de possession, une voie où l’acte devient plus important que le résultat. Cette voie, c’est celle du lancer à la mouche sans hameçon.
Imaginez-vous au bord d’une rivière, la canne à la main, en harmonie avec la nature qui vous entoure. Le bruissement des feuilles dans le vent, le murmure de l’eau courant sur les pierres, le ballet des insectes dans l’air — tout est en mouvement, et vous en faites partie. Le but n’est pas de capturer, mais d’être présent.
La pêche sans hameçon libère le pêcheur du besoin de conquête. Il n’est plus question de tromper la truite, de la tirer hors de son élément, de la faire suffoquer pour un instant de triomphe. Le geste reste, le défi demeure, mais l’intention change. Le plaisir réside dans l’observation, dans l’imitation parfaite de l’éphémère, dans la précision du lancer. Le clapotis subtil de la mouche touchant la surface devient un haïku, un instant suspendu dans le temps.
Cette approche s’apparente au Zen, où le chemin est l’objectif. La truite qui monte pour inspecter la mouche puis retourne dans l’ombre de son abri est devenue un maître enseignant le détachement. Aucune frustration, aucun regret — seulement la gratitude d’avoir assisté à ce moment d’interaction éphémère.
En renonçant à l’hameçon, le pêcheur apprend à se détacher du désir de posséder, à apprécier l’acte pour lui-même. Le lancer devient une méditation en mouvement, chaque boucle de soie dans l’air, une respiration. La mouche danse sur l’eau sans intention de prise, incarnant l’impermanence de toute chose.
Est-ce de la folie ? Peut-être selon les critères modernes d’efficacité et de résultat. Mais dans cette folie douce réside une sagesse ancienne : celle de l’harmonie avec la nature, du respect de la vie, et de la joie de simplement être.
La voie du lancer à la mouche sans hameçon n’est pas pour tous, mais pour ceux qui ressentent cet appel, elle offre une profondeur de connexion à l’environnement, un apaisement de l’esprit et une libération de l’ego. Un chemin où le pêcheur, l’eau, la mouche et le poisson ne font plus qu’un.

L’Esprit, le corps, le bambou, la soie, la mouche sans tension,
Comme le libre cours de la Naspidwi
Le corps et l’Esprit sans tension
À l’expiration comme à la décharge
Sans bruit, sans mouvement, sans attente
Dans les profondeurs de l’instant
Le pêcheur patiente

Dans un instant d’éternité
Comme un legs à la rivière
La mouche s’offre en sacrifice
La soie à la dérive
Le bambou s’y couche
Le corps se relâche
Et l’esprit se libère