Auteur : Naspidwi

  • LA PÊCHE DE GENSHA

    Un simple pêcheur
    Avait jeté son filet
    Un poisson s’y prit…

    Comme il n’avait pas de nom
    On l’appela satori

  • LE REFLET DE LA LUNE SUR L’EAU

    « Ô Noble Fils, Ecoute !

    Aucun phénomène n’a plus d’existence que le reflet de la lune dans l’eau.

    Tout ce qui apparaît, phénomènes internes, phénomènes externes,

    Apparaît comme projection de l’esprit non-né.

    Aussi n’existe ni Samsara ni Nirvana,

    Ni naissance, ni mort,

    Ni apparition, ni disparition.

    Sur les eaux de l’esprit, seule se déroule la course des phénomènes,

    Comme, chaque nuit, roule le firmament dans les eaux du lac.

    L’esprit, semblable au miroir, reflète le monde,

    Il est le lac face au firmament.

    Sachant cela, le pratiquant avisé sait qu’il n’existe ni chemin vers la libération,

    Ni lieu de réalisation.

    Voyant cela, Ô Fils de Noble Famille,

    Le pratiquant accompli repose en l’esprit même.

    Comme nul ne peut saisir le reflet de la lune qui traverse le lac,

    Aucun phénomène n’est saisissable.

    Sachant cela, le pratiquant avisé

    Contemple les phénomènes sans attachement,

    Sans aversion ni ignorance.

    Le méditant lui-même n’est pour lui-même qu’un reflet sur les eaux de l’esprit,

    Sachant cela, le pratiquant avisé réalise qu’il est sans corps,

    Ainsi actualise-t-il le dharmakaya.

    Considérant son propre reflet, le pratiquant avisé réalise la nature de son corps d’émanation,

    Ainsi actualise-t-il le sambhogakaya.

    Voyant enfin que lui-même se reflète dans les eaux de tout lac,

    Le pratiquant avisé comprend la nature du corps d’apparition,

    Ainsi travaille-t-il à actualiser le nirmanakaya.

    Quand il est réalisé que l’esprit du pratiquant n’est qu’un reflet dans les eaux de l’esprit non-né,

    Le pratiquant avisé pratique le sans-esprit.

    Alors s’effondre pour lui la dernière supercherie,

    Et contemplant toute chose intérieure ou extérieure

    Comme reflet dans les eaux de l’esprit non-né,

    Le pratiquant réalise l’omniprésence de la Source, maître ultime.

    Car lorsqu’est clairement perçu que tout n’a d’existence que comme reflet,

    Le miroir de l’esprit apparaît et peut être connu.

    Au coeur du miroir,

    L’esprit non-né qui projète toute chose,

    Et en qui tout se reflète,

    Est le coeur même de Bouddha.

    Restant en contemplation devant la nature même de l’esprit non-né,

    Le pratiquant commence, sans méditer, sans intervenir ni corriger,

    A contempler l’apparition et la transformation du monde.

    Quand il est clairement réalisé que tout à le statut du reflet,

    La source se dévoile.

    Si l’on demeure dans la source sans en altérer l’activité,

    Le coeur du Bouddha lui-même peut être connu.

    Quand on connaît le coeur du Bouddha, sans s’identifer au Bouddha,

    Tout s’achève, les eaux remontent du fleuve,

    Et le lac s’ouvre comme un oeil Unique.

    Alors apparaît clairement que seul existe l’esprit non-né,

    Duquel personne ne fut jamais séparé. »__

    Extrait du « Miroir de Samanthabadra » – par Tertön Selwa Rang Djoung | Prajnâpâramiâ Hridaya – Le Coeur de la parfaite sagesse – Sutrâ de sagesse infini ….

  • SÛTRA DU COEUR DE LA SAGESSE

    Le bodhisattva Avalokiteshvara, par la pratique profonde de la Prajna Paramita,

    comprend que le corps et les cinq agrégats sont vides d’existence propre.

    C’est ainsi qu’il met fin à toute souffrance ou infortune.

    Sariputra, la forme n’est pas différente de la vacuité.

    La vacuité n’est pas différente de la forme.

    La forme est vacuité et la vacuité est forme, et il en va de même des sensations, des perceptions, des volitions et des consciences.

    Sariputra, tous les dharmas ont ce caractère de vacuité.

    Il n’y a ni naissance ni extinction, ni souillure ni pureté, ni croissance ni décroissance; c’est pourquoi, dans la vacuité, il n’y a pas de formes, de sensations, de perceptions, de volitions ni de consciences.

    Il n’y a pas d’oeil, pas d’oreilles, pas de nez, pas de langue, pas de corps ni de mental;

    ni couleur, ni son, ni odeurs, ni goût, ni toucher, ni objet de la pensée.

    Il n’y a pas non plus de domaine de la vision, et coetera, ni de domaine de la conscience mentale.

    Il n’y a ni ignorance, ni extinction de l’ignorance, jusqu’à, et y-compris, la vieillesse et la mort, et l’extinction de la vieillesse et de la mort.

    Il n’y a ni souffrance, ni origine de la souffrance, ni extinction de la souffrance, et pas non plus de voie vers l’extinction de cette souffrance.

    Il n’y a pas de connaissance et pas non plus de profit, car il n’y a rien qui puisse être acquis.

    Dans le coeur du bodhisattva, grâce à la prajna paramita, il n’y a pas d’attachement:

    comme il n’a pas d’attachements, il ne peut pas avoir de crainte.

    Séparé de toute souffrance, de toute pensée illusoire, il atteint au nirvana.

    C’est par la prajna paramita que les bouddhas des trois époques atteignent l’éveil suprêmement inégalé.

    Sachez donc que la prajna paramita est le grand mantra divin, le grand mantra lumineux, le mantra incomparable, le mantra insurpassable, capable d’ôter toute souffrance, authentique, incontestable; Or voici donc ce mantra de la prajna paramita:

    Gate, gate, paragate, parasamgate, bodhi, svaha! Version française du Coeur du Sûtra de la Prajna Paramita (Sûtra du Coeur)

  • LES HUIT VERSETS SUR LA TRANSFORMATION DE L’ESPRIT

    Déterminé à atteindre le but le plus haut

    Pour le bien de tous les êtres sensibles

    Qui surpasse même le joyau qui réalise les souhaits

    Que je les chérissent à tous moments.

    Chaque fois que j’entre en relation avec quelqu’un,

    Que je me vois comme le plus humble de tous,

    Et, du plus profond de mon coeur,

    Considère les autres comme supérieurs.

    Que dans toutes mes actions, j’explore mon esprit,

    Dès que les afflictions mentales et émotions surgissent,

    Puisqu’elles nous mettent en danger, moi et les autres,

    Que je puisse les affronter avec détermination et les éviter.

    Quand je vois des êtres au mauvais caractère,

    Opprimés par une forte négativité ou une grande souffrance,

    Que je les chérisse – car ils sont rares à trouver –

    Comme si j’avais découvert un trésor de pierres précieuses.

    Quand d’autres, par jalousie,

    Me maltraitent par l’insulte, la calomnie et le mépris,

    Que j’accepte la défaite pour moi

    Et que j’offre aux autres la victoire.

    Lorsque quelqu’un que j’ai aidé,

    Ou en qui j’ai placé toutes mes espérances,

    Me maltraite de façon extrêmement cruelle

    Que je le considère toujours comme mon maître le plus précieux.

    En bref, que j’offre bienfaits et joie

    À tous les êtres sensibles, de façon à la fois directe et indirecte,

    Que j’assume tranquillement

    Toutes les douleurs et les blessures des êtres sensibles.

    Que toute cela demeure non souillé

    Par les taches des huit considérations triviales; *

    Et que je puisse, en reconnaissant l’illusion de toutes choses,

    Sans m’y accrocher, être délivré de l’esclavage

     Langri thangpa

    *(compliment-insulte, richesse-pauvreté, échec-réussite, célébrité-anonymat)

  • FUKANZAZENGI DE MAÎTRE DOGEN – TEXTE INTÉGRAL EN FRANÇAIS

    La Voie est fondamentalement parfaite. Elle pénètre tout. Comment pourrait-elle dépendre de la pratique et de la réalisation?

    Le véhicule du dharma est libre et dégagé de toute entrave. En quoi l’effort concentré de l’homme est-il nécessaire ? En vérité, le Grand Corps est bien au-delà de la poussière du monde. Qui pourrait croire qu’il existe un moyen de l’épousseter? Il n’est jamais distinct de quiconque, toujours exactement là où l’on est. A quoi bon aller ici ou là pour pratiquer ?

    Cependant, s’il y a un fossé, si étroit soit-il, la Voie reste aussi éloignée que le ciel de la terre. Si l’on manifeste la moindre préférence ou la moindre antipathie, l’esprit se perd dans la confusion. Imaginez une personne qui se flatte de comprendre et qui se fait des illusions sur son propre éveil, entrevoyant la sagesse qui pénètre toutes choses, joint la Voie et clarifie l’esprit, et fait naître le désir d’escalader le ciel lui-même. Celle-là a entrepris l’exploration initiale et limitée des zones frontalières mais elle est encore insuffisamment sur la Voie vitale de l’émancipation absolue. Ai-je besoin de parler du Bouddha, qui était en possession de la connaissance innée? On ressent encore l’influence des six années qu’il vécut, assis en lotus dans une immobilité totale. Et Bodhidharma, la transmission du sceau jusqu’à nos jours a conservé le souvenir de ses neuf années de méditation devant un mur.

    Puisqu’il en était ainsi avec les saints d’autrefois, comment les hommes d’aujourd’hui peuvent-ils se dispenser de négocier la Voie ? Vous devez en conséquence abandonner une pratique fondée sur la compréhension intellectuelle, courant après les mots et vous en tenant à la lettre. Vous devez apprendre le demi-tour qui dirige votre lumière vers l’intérieur, pour illuminer votre vraie nature. Le corps et l’âme d’eux-mêmes s’effaceront, et votre visage originel apparaîtra. Si vous voulez atteindre l’éveil, vous devez pratiquer l’éveil sans tarder.

    Pour sanzen, une pièce silencieuse convient. Mangez et buvez sobrement. Rejetez tout engagement et abandonnez toute affaire. Ne pensez pas : ceci est bien, cela est mal. Ne prenez parti ni pour ni contre. Arrêtez tous les mouvements de l’esprit conscient. Ne jugez pas des pensées et des perspectives. N’ayez aucun désir de devenir un Bouddha. Sanzen n’a absolument rien à voir avec la position assise ou la position allongée. A l’endroit où vous avez l’habitude de vous asseoir, étendez une natte épaisse et placez un coussin dessus. Asseyez-vous en lotus ou bien en demi-lotus. Dans la posture du lotus, vous placez d’abord votre pied droit sur votre cuisse gauche, et votre pied gauche sur votre cuisse droite. Dans la posture du demi-lotus, vous vous contentez de presser votre pied gauche contre votre cuisse droite. Veillez à desserrer vos vêtements et votre ceinture, arrangez-les convenablement.

    Placez alors votre main droite sur votre jambe gauche et votre main gauche (tournée vers le haut) sur votre main droite ; les extrémités des pouces se touchent. Asseyez-vous bien droit, dans l’attitude corporelle correcte, ni penché à gauche, ni penché à droite, ni en avant, ni en arrière. Assurez-vous que vos oreilles sont dans le même plan que vos épaules et que votre nez se trouve sur la même ligne verticale que votre nombril. Placez la langue en avant contre le palais ; la bouche est fermée, les dents se touchent. Les yeux doivent rester toujours ouverts, et vous devez respirer doucement par le nez. Quand vous avez pris la posture correcte, respirez profondément une fois, inspirez et expirez. Inclinez votre corps de droite et de gauche ; et immobilisez-vous dans une position assise stable.

    Pensez à ne pas penser. Comment pense-t-on à ne pas penser ? Au-delà de la pensée (hishiryo). Cela en soi est l’art essentiel du zazen.  Le zazen dont je parle n’est pas l’apprentissage de la méditation, il n’est rien d’autre que le dharma de paix et de bonheur, la pratique-réalisation d’un éveil parfait. Zazen est la manifestation de l’ultime réalité. Les pièges et les filets ne peuvent jamais l’atteindre. Une fois que vous avez saisi son cœur, vous êtes semblable au dragon quand il entre dans l’eau et semblable au tigre quand il pénètre dans la montagne. Car il faut savoir qu’à ce moment précis (quand on pratique zazen), le vrai dharma se manifeste et que, dès le début, on écarte le relâchement physique et mental, et la distraction. Quand vous vous relevez, remuez doucement et sans hâte, calmement et délibérément. Ne vous relevez pas subitement ou brusquement. Quand on jette un regard sur le passé, on s’aperçoit que transcendance à la fois de l’éveil et du non-éveil, que mourir assis ou debout, ont toujours dépendu de la vigueur du zazen.

    En outre, l’ouverture à l’éveil dans l’occasion fournie par un doigt, une bannière, une aiguille, un maillet, l’accomplissement de la réalisation grâce à un chasse-mouches, un poing, un bâton, un cri, tout cela ne peut être saisi entièrement par la pensée dualiste de l’homme’. En vérité, cela ne peut pas davantage être connu mieux par l’exercice de pouvoirs surnaturels. Cela est au-delà de ce que l’homme entend et voit — n’est-ce pas un principe antérieur aux connaissances et aux perceptions? Cela dit, il importe peu qu’on soit intelligent ou non. Il n’y a pas de différence entre le sot et l’avisé.

    Quand on concentre son effort d’un seul esprit, cela, en soi, c’est négocier la Voie. La pratique-réalisation est pure par nature. Avancer est une affaire de quotidienneté. Dans l’ensemble, ce inonde et les autres, à la fois en Inde et en Chine, respectent le sceau du Bouddha. La particularité de cette école prévaut : dévotion à la méditation assise tout simplement, s’asseoir immobile dans un engagement total. Bien que l’on dise qu’il y a autant d’âmes que d’hommes, tous négocient la Voie de la même manière, en pratiquant zazen.

    Pourquoi abandonner le siège qui vous est réservé à la maison pour errer sur les terres poussiéreuses d’autres royaumes’? Un seul faux pas, et vous vous écartez de la Voie tracée toute droite devant vous. Vous avez eu la chance unique de prendre forme humaine. Ne perdez pas votre temps. Vous apportez votre contribution à l’oeuvre essentielle de la Voie du Bouddha. Qui prendrait un plaisir vain à la flamme jaillie du silex ? Forme et substance sont comme la rosée sur l’herbe, la destinée semblable à un éclair – évanouies en un instant. Je vous en prie, honorés disciples du Zen, depuis longtemps habitués à tâter l’éléphant dans l’obscurité, ne craignez pas le vrai dragon. Consacrez vos énergies à la Voie qui indique l’absolu sans détours. Respectez l’homme réalisé, qui se situe au-delà des actions des hommes. Mettez-vous en harmonie avec l’illumination des Bouddhas ; succédez à la dynastie légitime du satori des patriarches. Conduisez-vous toujours ainsi, et vous serez comme ils sont. Votre chambre au trésor s’ouvrira d’elle-même, et vous en userez comme bon vous semblera.

  • PÊCHER DANS LA NASPIDWI

    « Pêcher dans la Naspidwi, c’est s’étudier soi-même
    S’étudier soi-même, c’est s’oublier soi-même
    S’oublier soi-même, c’est être en unité avec toutes les existences »

    Être en unité avec toutes les existences c’est pêcher dans la Naspidwi

  • LES QUATRE GRANDS VOEUX DU BODDHISATVA

    Si nombreux que soient les êtres,
    je fais vœu de les aider tous.

    Si nombreuses que soient les illusions,
    je fais vœu de les vaincre toutes.

    Si nombreux que soient les dharmas,
    je fais vœu de les acquérir tous.

    Si parfaite que soit la voie du Bouddha,
    je fais vœu de la réaliser.