Catégorie : Poésies

  • Murmure de la Naspidwi

    La soirée s’installe, calme et rafraîchissante,

    Je saisis ma canne et franchis le seuil.
    Les roseaux et les herbes s’étirent et s’entrelacent
    Le long du sentier sinueux ;
    Dans les arbres, les oiseaux chantent, et là-bas,
    Un léger murmure surgit de la Naspidwi.
    J’atteins le bord de la rivière, je vois les eaux miroiter en bas.
    Partout autour, les vieux pins
    Sont comme des toiles tissées de vers.
    Je me penche pour sentir le courant sous mes pieds ;
    La lune ronde éclaire le ciel.
    Plus tard, près de l’endroit paisible où je me tiens,
    Je m’immerge dans la scène,
    Flottant, léger, au-dessus de la surface de l’eau.

  • Dans ces eaux profondes, je m’ouvre

    Comme un air de Zazen

    Inspirer des chants de Hakuin Ekaku [1685-1768]

    Tous les êtres ont l’essence de l’éveil

    Comme la rivière gelée

    Qui est eau par nature.

    Sans elle pas de glace

    Sans être pas d’éveil

    Ne cherchez pas au loin, ni hier, ni demain

    Vous êtes au centre de la Naspidwi

    Comme le mendiant qui assis sur son coffre

    Ignorant le contenu de pierres précieuses et d’or

    Étourdi par les courants changeants

    Nous errons dans ces torrents tourbillonnants

    Dans les profondeurs des abimes

    Comment saurons-nous nous libéré de ces tumultes

    L’esprit immobile dans la compassion

    Au centre devant-derrière

    En s’offrant  en sacrifice

    Au milieu de ces eaux profondes

    Où tout surgit dans le mouvement

    Comme la nature incessante de la Naspidwi.

    Dix mille lancers, un seul espace.

    La soie tournoie, l’esprit est vaste et profond.

    Où donc se cache l’omble dans ces eaux profondes ?

    Au centre de ces ombres, il brille.

    Entendre les chants de la Naspidwi une seule fois,

    L’esprit et le cœur ouverts à cet hymne de la nature,

    M’oeuvrant dans ces eaux profondes,

    Je reçois ses bénédictions infinies.

    Ne cherchez pas plus loin

    Vous êtes au centre de l’espace

    Comme l’or dans les coffres

    Comme cette lumière qui brille dans ces eaux profondes.

    Seul dans l’unité clair de la nature

    Dans le lancer, dans la soie, dans le bambou

    Comme dans l’éveil, je m’ouvre

    Un et deux et trois et quatre et

    Dans un rythme soutenu immobile

    Allant et venant jamais égaré,

    Dans l’immensité des voies soutenues

    Je m’élance encore et encore

    Dans ces gestes sans fin

    Libre dans le l’espace de la vacuité!

    Sous le ciel qui s’éclaire de la lune

    L’autre rive s’avance ici, devant mes yeux.

    Cet endroit que je nomme Naspidwi

    Dans ces eaux profondes, je m’ouvre.